Archives par étiquette : Stéphane Braunschweig

Oncle Vania

© Elisabeth Carecchio

Texte d’Anton Tchekhov – mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig – Odéon/Théâtre de l’Europe – spectacle en russe, surtitré en français, avec les acteurs du Théâtre des Nations de Moscou.

C’est un Oncle Vania en version originale, qui fut créé en septembre dernier au Théâtre des Nations de Moscou. Ce lieu de création au large répertoire d’auteurs russes et étrangers, propose à des metteurs en scène du monde, de monter, avec ses acteurs, des spectacles qu’il produit.  C’est dans ce cadre que Stéphane Braunschweig a mis en scène Oncle Vania qu’il présente dans le lieu qu’il dirige, l’Odéon/Théâtre de l’Europe. Depuis plus de vingt-cinq ans, et même si les textes qu’il monte sont éclectiques, le metteur en scène s’est intéressé très tôt à Tchekhov et s’y réfère souvent. Il a présenté La Cerisaie en 1992, La Mouette en 2001, et Les Trois Sœurs en 2007.

La scénographie – également assurée par Braunschweig – nous mène dans le jardin d’une datcha de la campagne russe, bordée d’arbres qui s’impriment en arrière-plan. Trois marches longent l’ouverture du plateau, un grand bac d’eau-piscine circulaire est au centre. Tout est en bois. Quelques chaises longues et fauteuils, un samovar. C’est l’été, il fait soleil et vacances.

La pièce se compose de quatre actes, ici ponctués de baissés de rideau. Le premier est d’oisiveté. Vania se prélasse entre deux bains et laisse s’étirer le temps. Il attend la visite de son ex beau-frère, le grand professeur Serebryakov qu’il admirait jadis et avec qui il va régler ses comptes. Sa belle-soeur, Elena, presque du même âge que Sonia sa nièce, issue d’un premier mariage du professeur, l’a toujours attiré, mais il ne s’est jamais déclaré. Les deux femmes pleines d’animosité l’une envers l’autre vont faire la paix, et Sonia, follement amoureuse d’Astrov, demande à Elena d’observer ses sentiments. Médecin passionné d’écologie et amoureux des arbres, Astrov évoque avec pessimisme la déforestation ravageuse et la perte de la biodiversité. Il ne remarque pas même Sonia mais entre vodka et défaitisme, regarderait plutôt vers Elena. Téléguine, propriétaire foncier ruiné, décalé du réel et sans objectif, joue de la guitare. Marina, la nourrice, vogue entre résignation et exaspération. L’ennui plane sur la maison.

Oncle Vania est une fresque familiale où se croisent des personnages de solitude, à la recherche d’un hypothétique bonheur. Convoitée par Vania, Elena la privilégiée, qui se sait inutile et s’ennuie, effleurera à peine Astrov, avant de repartir avec son hypocondriaque de mari. Capricieux égotique regrettant le temps de sa gloire, Serebryakov, est une sorte de caricature purement autocratique. Il réunit la famille en une conférence grandiose et ridicule pour l’informer de son idée de vendre le domaine et de placer l’argent. Par là-même il en chasse Vania et Sonia, qui en sont les gestionnaires.

En réponse, Vania, qui a tout sacrifié pour son beau-frère et n’en a obtenu aucune reconnaissance, lui hurle ses quatre vérités et ce qu’il a sur le cœur, puis sort. Serebryakov le suit. En coulisse, un coup de feu claque. Vania a tiré, mais a raté sa cible. Contraint de renoncer à son grand projet, Serebryakov s’en va, accompagné de son épouse qui choisit les valeurs sûres. Vania, sous contrôle de Sonia, rend le flacon de morphine dérobé à Astrov, brisant l’amitié entre les deux hommes. Le suicide rôde. Restés seuls au domaine, Vania et Sonia tentent de se jeter dans le travail. Leurs dernières illusions se sont éteintes, mélancolie et désespoir sont au rendez-vous.

La pièce est une succession d’instants de vie où la mélancolie côtoie l’oisiveté et l’ennui, où la désillusion s’installe chez tous les personnages. En 1889, Tchekhov avait écrit une première ébauche, le Sauvage ou l’Esprit de la forêt, de ce qui deviendra Oncle Vania. Publiée en 1897, la pièce est créée deux ans plus tard au Théâtre d’Art de Moscou dans une brillante distribution incluant Stanislawski dans le rôle d’Astrov et Olga Knipper, la future femme de Tchekhov, dans celui d’Elena. « On peut dire qu’Oncle Vania est un mini-écosystème où les hommes se détruisent les uns les autres… Pour Tchekhov, il n’y a pas d’un côté la destruction de la nature, et de l’autre la destruction de l’homme par l’homme. Les deux sont intrinsèquement liées » dit le metteur en scène qui insiste sur la capacité de destruction qu’ont les individus. Un autre passage de la pièce va dans le même sens, évoqué par Astrov : « L’homme a été doué de raison et de force créatrice pour multiplier ce qui lui était donné, mais jusqu’à présent, il n’a pas créé, il a détruit. »

Il ne se passe pas grand-chose dans la pièce, pas d’action particulière, plutôt l’ennui qui se distille à petites gorgées et le quotidien, un bonheur à peine recherché donc inaccessible, les non-dits, les silences. « Le climat est détraqué » dit Astrov qui résume la situation, si l’on entend par climat l’extérieur, l’environnement, et l’intérieur, les mélancolies. Les acteurs russes du Théâtre des Nations, sous la houlette de Stéphane Braunschweig, marquent ce temps étiré qu’ils recréent avec talent dans l’environnement écologique décrit par Tchekhov et développé par la mise en scène. Peu de surprise et d’émotion dans le spectacle comme dans la pièce, une musique de chambre bien interprétée, sans accident ni fulgurance.

Brigitte Rémer, le 27 janvier 2020

Avec, par ordre d’apparition : Marina Timofeevna, Nina Gouliaéva (du 16 au 19 janvier), en alternance avec Irina Gordina (du 21 au 26 janvier) – Mikhail Lvovich Astrov, Anatoli Béliy – Ivan Petrovich Voynitsky dit Oncle Vania, Evguéni Mironov – Sofia Alexandrovna Serebryakova dite Sonya, Nadejda Loumpova  – Aleksandr Vladimirovich Serebryakov, Victor Verjbitski – Helena Andreyevna Serebryakova, Elisaveta Boyarskaya (du 16 au 19 janvier), en alternance avec Yulia Peresild (du 21 au 26 janvier) – Ilya Ilych Telegin, Dmitri Jouravlev – Maria Vasilyevna Voynitskaya, Ludmila Trochina. Collaboration à la scénographie Alexandre de Dardel – lumière Marion Hewlett – costumes Anna Hrustalyova – assistante à la mise en scène, surtitrages Olga Tararine – et l’équipe technique de l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Le texte des surtitres en français est basé sur la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan (éditions Actes Sud).

Du 16 au 26 janvier 2020, Odéon/Théâtre de l’Europe, 2 rue Corneille. 75006 – métro : Odéon – tél. : 01 44 85 40 40 – site : www.theatre-odeon.eu

Odéon-Théâtre de l’Europe – Saison 2016/2017

affiche-rvb-1Le nouveau directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Stéphane Braunschweig, a donné les grandes lignes de sa programmation 2016-17. Il a rappelé le contexte de son arrivée au théâtre et rendu hommage à son prédécesseur, Luc Bondy, qui en reste, pour partie l’artisan, et met un point d’honneur à respecter les engagements pris. La saison prochaine est donc une saison de transition.

Premier axe la dimension internationale, bien au-delà des frontières de l’Europe, à partir de la mise en exergue de l’identité européenne du théâtre. Dans un contexte complexe et particulièrement sensible aujourd’hui avec le grand mouvement des migrations, l’Odéon-Théâtre de l’Europe affirme son rôle politique et culturel et sa place pour lutter contre le repli identitaire et la xénophobie. Depuis 1983, date de sa création par Jack Lang comme ministre de la Culture et Giorgio Strehler, premier directeur et metteur en œuvre du concept Théâtre de l’Europe, la mission s’est poursuivie sous les différentes directions : Lluis Pasqual, Georges Lavaudant, Olivier Py et Luc Bondy. L’Odéon avait auparavant – de 1959 à 1968, sous l’égide de Jean-Louis Barrault – reçu de nombreux spectacles du Théâtre des Nations, venus du monde entier. Stéphane Braunschweig réaffirme cette vocation internationale, mêlant les grandes signatures aux jeunes générations, dans le but de confrontation des pratiques. Le projet repose sur le croisement des générations et le croisement des origines géographiques.

Sept spectacles en version originale sont annoncés dans ce cadre, dont Wycinka Holzfällen – Des arbres à abattre, de Thomas Bernhard en polonais surtitré, mis en scène par Kristian Lupa que Braunschweig avait découvert et côtoie depuis 1990 et qu’il avait invité au Théâtre national de Strasbourg puis au Théâtre de la Colline, qu’il a dirigés ; Ivo Van Hove met en scène Vu du pont d’Arthur Miller avec des acteurs néerlandais, ainsi que Fountainhead La source vive d’Ayn Rand ; Thomas Ostermeier présente Richard III ; Daria Deflorian, actrice et Antonio Tagliarini, performer, présentent deux spectacles en partenariat avec le Festival d’Automne : Il cielo non è un fondale, Le ciel n’est pas une toile de fond et Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni, Nous partons pour ne plus vous donner de soucis.

Second axe annoncé par Stéphane Braunschweig comme l’une de ses priorités : l’accompagnement tout au long de son mandat, d’artistes associés. Ils sont actuellement quatre, deux d’entre présenteront un spectacle au cours de la saison prochaine, les deux autres, la saison suivante : Simon Stone, né en Suisse de parents australiens, travaille sur Euripide et présentera Medea ; Christiane Jatardy, brésilienne qui s’intéresse à l’image et joue des rapports entre cinéma et théâtre, une installation performance présentée au Cent-Quatre, intitulée A floresta que anda – La forêt qui marche.

Troisième axe, les metteurs en scène de France : trois spectacles phares et une douzaine de metteurs en scène dont Georges Lavaudant avec Hôtel Feydeau, qui présente un montage des pièces en un acte de Georges Feydeau ; Stéphane Braunschweig qui aborde Tennessee Williams pour la première fois avec Soudain l’été dernier, texte mettant en lumière les rapports nord sud et l’antagonisme entre milieu social aisé et milieu défavorisé ; Deborah Warner qui prépare une création en coproduction avec la Comédie Française, Le Testament de Marie de Colm Tóíbín, à partir de l’élaboration du mythe de la vie de Marie. On verra aussi 2666, dans une mise en scène de Julien Gosselin – que l’on a connu avec Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq – adaptation d’un texte de l’auteur chilien Roberto Bolaño ; Dom Juan de Molière, par Jean-François Sivadier ; Un amour impossible de Christine Angot, sur le thème des rapports mère-fille, par Célie Pauthe ; Le Radeau de la Méduse, de Georg Kaiser monté par Thomas Joly qui aime à travailler sur l’hybridation ; Songes et Métamorphoses d’après Ovide et Shakespeare, par Guillaume Vincent

Quatrième axe, la poursuite des programmes liés à l’éducation artistique et culturelle : avec Adolescence et Territoire(s), en sa cinquième édition, à destination d’adolescents issus de la proximité des Ateliers Berthier dans le XVIIème arrondissement, proposition faite, chaque saison, à une vingtaine d’adolescents âgés de 15 à 20 ans de participer à la création d’une pièce de théâtre, tout au long de l’année, sous la direction d’un metteur en scène professionnel ; Génération(s) Odéon qui accompagne pendant deux ans des élèves de collège – principalement du réseau d’éducation prioritaire – dans un parcours de découverte et de pratique théâtrale, en vue d’une représentation commune sur la scène de l’Odéon.

Le programme des Bibliothèques de l’Odéon se poursuit – cinquième axe – il permet de se questionner. De nouvelles ouvertures sont annoncées sur les dramaturgies européennes d’une part, sur les sciences d’autre part. Ainsi le physicien Etienne Klein s’interrogera sur le thème : comment a-t-on su ce que nous savons ? Les conversations avec les auteurs de la vie intellectuelle se poursuivront dans le cadre de La marche des idées ; des ateliers philosophiques à partir de huit ans Les petits Platons à l’Odéon, seront à l’affiche ; deux grandes voix, l’une française l’autre internationale, échangeront avec Les dialogues du contemporain.

La réflexion sur la diversité des origines nécessaire sur le plateau, réflexion engagée au Théâtre de la Colline, se poursuivra à l’Odéon, jusqu’au moment où les métissages se feront spontanément dans les équipes artistiques et qu’il ne sera plus utile d’en parler. Et, grande première, la réflexion sur la conquête des publics conduira à l’ouverture du théâtre au plus grand nombre de spectateurs : deux avant-premières seront proposées à prix réduit de moitié, pour cinq créations, soit 7000 places. Par ailleurs une discussion sur le prix des places s’engage avec le ministère de la Culture, l’idée étant de baisser les tarifs chômeurs et les tarifs jeunes.

En cette saison 2016-2017 et prenant un nouveau virage, l’Odéon-Théâtre de l’Europe propose 294 représentations et 33 spectacles au Cent-Quatre ; 59 représentations en tournée – Phèdre, Vu du Pont et Soudain l’été dernier -. Stéphane Braunschweig nouvellement nommé met ses pas dans ceux de son prédécesseur qui avait amorcé la programmation et poursuit la route avec de grandes ambitions, y compris celle de faire de l’Odéon-Théâtre de l’Europe une grande Cité du Théâtre.

Brigitte Rémer, 21 mai 2016

Odéon-Théâtre de l’Europe : Odéon Paris 6ème – Ateliers Berthier. Paris 17ème – Tél. : 01 44 85 40 40 – Site : www.theatre-odeon.eu

 

 

 

 

 

Les géants de la montagne

©Elisabeth Carecchio

©Elisabeth Carecchio

Pièce de Luigi Pirandello, traduction, mise en scène et scénographie, de Stéphane Braunschweig à La Colline – Théâtre national.

Pirandello démarre sa carrière d’écrivain en éditant des nouvelles, genre qu’il poursuivra tout en écrivant du théâtre. Il publie ses premières grandes pièces à partir de 1917 et entreprend en 1928 l’écriture des Géants de la montagne, conçue comme sa grande œuvre mais qu’il n’achève pas. Il meurt en 1936, deux ans après avoir reçu le Prix Nobel de littérature. « Les Géants de la montagne écrit-il à son amie Marta Abba, sont le triomphe de l’Imagination ! Le triomphe de la Poésie, mais en même temps la tragédie de la Poésie dans la brutalité de notre monde moderne ».

On trouve dans cette pièce le fil conducteur de tout son théâtre, ses obsessions, avec le thème du théâtre dans le théâtre, du sens de l’art –. La trame repose sur une troupe de comédiens menée par la Comtesse Ilse qui, à bout de force, cherche désespérément un lieu où présenter son spectacle : La Fable de l’enfant échangé. La troupe arrive devant une maison singulière et retirée du monde où résident des marginaux nommés par l’auteur les Poissards, maison ressemblant davantage à un hôpital psychiatrique ou à une fin du monde qu’à une villa ordinaire. Cotrone, sorte de directeur de conscience et philosophe, dirige ce curieux phalanstère semblable à une cité des morts-vivants et propose à la troupe d’y donner les représentations. Mais les acteurs se sentent peu d’affinités avec cette communauté hôte et par ailleurs Ilse tient à jouer devant un vrai public, par respect pour l’auteur, amoureux d’elle sans retour et de ce fait mort tragiquement.

Quatorze acteurs – un beau plateau – portent la pièce de Pirandello présentée à La Colline dans une nouvelle traduction de Stéphane Braunschweig qui connaît bien l’univers pirandellien. Il avait mis en scène Vêtir ceux qui sont nus en 2006 et Six personnages en quête d’auteur en 2012, qu’il considère comme le négatif des Géants de la montagne. C’est une pièce qui interroge la place de l’art et le rôle du théâtre dans la société, le rapport au réel et l’illusion, qui parle en clair–obscur de l’imaginaire. Elle est sous-tendue par une menace sourde, celle des géants de la montagne que l’on ne voit ni n’entend mais qui, refusant l’art et le rêve, pourraient faire référence au fascisme ambiant de l’époque.

L’invention scénographique permet de jouer entre le dedansavec ces personnages fantasmagoriques et la folie philosophique de Cotrone, personnage interprété avec justesse et passion par Claude Duparfait – et le dehorsle théâtre d’Ilse, rôle interprété avec sensibilité par Dominique Reymond -. La villa est une sorte de grand castelet labyrinthe tout de transparence, placé au centre du plateau, lieu du rêve et de la fantaisie où l’on voit ces personnages marionnettes déambuler. Il pivotera une ou deux fois et s’enflammera sous l’effet d’une animation vidéo. En même temps cette belle construction barre l’espace et limite la mobilité des acteurs. « Nous sommes ici comme aux lisières de la vie » dit Cotrone à Ilse.

Stéphane Braunschweig s’est emparé du débat philosophique pirandellien et de cette réflexion sur l’art, et les transforme en théâtre. D’autres l’ont fait avant lui dont Giorgio Strehler, Bernard Sobel et  Georges Lavaudant.  « Nous, il nous suffit d’imaginer, et les images prennent vie d’elles mêmes. Il suffit qu’une chose soit bien vivante en nous, et elle se représente d’elle-même selon le cours spontané de sa vie propre… » dit Cotrone.

Chaque metteur en scène décide de la fin de la pièce. Stéphane Braunschweig ferme le spectacle sur la lecture de La Fable de l’enfant échangé, une idée juste. Et l’œuvre garde sa part de mystère.

Brigitte Rémer

Avec : John Arnold, Elsa Bouchain, Cécile Coustillac, Daria Deflorian, Claude Duparfait, Julien Geffroy, Laurent Lévy, Thierry Paret, Romain Pierre, Pierric Plathier, Dominique Reymond, Marie Schmitt, Jean-Baptiste Verquin, Jean-Philippe Vidal.

La Colline – Théâtre national, 15 rue Malte-Brun. 75020. Métro : Gambetta – Site : www.colline.fr – Tél. : 01 44 62 52 52 – Du 2 au 17 septembre et du 29 septembre au 16 octobre 2015.

En tournée : à Bonlieu-Scène nationale d’Annecy, du 4 au 6 novembre – Théâtre du Gymnase à Marseille, du 10 au 14 novembre – au Théâtre Olympia/CDN de Tours, du 18 au 26 novembre – au CDN de Besançon Franche Comté, du 2 au 5 décembre – au TNS de Strasbourg, du 10 au 19 décembre. Texte publié aux Solitaires Intempestifs, dans une traduction de Stéphane Braunschweig.